Un héritage à défendre. Manifeste des Parents contre la hausse

Notre « responsabilité »?  Soutenir nos enfants et assurer un héritage collectif accessible à tous!

Comme parents, nous soutenons le développement de nos enfants depuis leur plus tendre enfance. Nous avons à cœur leur épanouissement et les appuyons activement dans leur parcours scolaire.  Nous souhaitons assumer pleinement notre responsabilité non seulement envers nos propres enfants, mais également envers l’ensemble des enfants et des jeunes du Québec.  Par conséquent, nous nous opposons à la hausse des droits de scolarité qu’impose le gouvernement Charest dans une logique de marchandisation et d’instrumentalisation de l’éducation, avec pour effet l’accroissement de l’inégalité d’accès aux études postsecondaires.  Léguons à nos enfants et à nos petits enfants un système d’éducation accessible, démocratique, exigeant et épanouissant, tant pour les individus que pour la collectivité.

La hausse des droits de scolarité menace l’accès aux études universitaires des enfants du Québec, et tout particulièrement de ceux provenant des familles à revenus modestes. De la même façon, elle condamne de nombreux étudiants à l’endettement et au risque de négliger les études pour le travail. Sommes-nous prêts à abandonner les étudiants pauvres et ceux de la classe moyenne ?

Notre « juste part »?  L’impôt progressif!

Il n’y a aucune nécessité financière à cette hausse. Sans débat digne de ce nom, on nous impose un choix de société : l’accès à l’éducation postsecondaire en fonction des moyens financiers des étudiants et de leurs familles.   On choisit une société où l’impôt progressif (ceux qui ont le plus de moyens paient davantage) est de plus en plus remplacé par des taxes et des tarifs (de montant égal pour tous, affectant ainsi davantage les moins prospères).  On choisit, ainsi, une société où l’accès aux services dépend non pas du besoin (ou, dans le cas de l’éducation, de la vocation, du talent ou de l’intérêt), mais bien des moyens.  Et, ce faisant, on choisit aussi, sans le dire, la privatisation des services.  On choisit enfin, parce que le coût repose de plus en plus sur cette fiction qu’est l’individu isolé, l’accroissement de l’endettement étudiant.  Or, cet endettement impose un lourd tribut aux moins fortunés, ainsi qu’à la collectivité, car l’État assume en partie les intérêts de l’aide financière.  Ce choix profite aux banques qui engrangent les intérêts sans grand risque puisque le gouvernement assume les coûts en cas d’incapacité de payer (ce qui est le cas pour un nombre croissant d’étudiants).  Bref, toutes ces orientations liées au financement des études signifient que l’on nous impose une détérioration du bien commun.  Est-ce vraiment la société que nous, parents, voulons léguer à nos enfants?

Faisons notre juste part!  Finançons, par un impôt progressif, l’éducation –et les autres services publics – en fonction des moyens des citoyens et des entreprises et offrons les services en fonction de leurs besoins.  C’est l’héritage des luttes sociales du passé qu’il faut préserver pour les générations à venir.

La « qualité de l’éducation »?  Culture et discernement plutôt que marchandisation!

Il n’y a pas que la question du financement des études qui interpelle les citoyens et les parents que nous sommes : c’est aussi la question de la finalité de l’éducation qui est en jeu.  L’éducation n’est pas d’abord un investissement individuel visant la productivité et l’enrichissement personnel.  Les écoles, les collèges et les universités n’ont pas à devenir des manufactures de diplômes et de « savoirs » immédiatement « utiles ».  D’ailleurs, qui définit ce qui est « utile » et en fonction de quels critères? Celui qui s’instruit contribue à sa société, et ce, non seulement en travaillant et en payant son pesant d’or d’impôts et de taxes, mais parce qu’il devient dépositaire, et lui-même passeur, des connaissances, des idées et des savoir-faire acquis tout au long de l’histoire de l’humanité.  L’éducation est aussi le lieu de la réflexion, de la remise en cause et du discernement que permettent une « tête bien faite » et un esprit cultivé et autonome.  Aller à l’école, c’est acquérir des moyens « d’autodéfense intellectuelle », comme l’exprime si bien la formule que Normand Baillargeon emprunte à Noam Chomsky.

La « sécurité »?  Une tactique d’évitement!

Parlant d’autodéfense…  Nous, les parents, voyons mal le péril que représente la sortie publique de nos enfants exprimant leur désaccord avec la décision du gouvernement.  Nous voyons mal la menace qu’est censée représenter une manifestation étudiante, même sans dévoilement préalable d’itinéraire.  Par conséquent, nous demandons au gouvernement, et particulièrement à la ministre Beauchamp, de cesser de semer la peur.  Le gouvernement se défile en discréditant ses opposants ce qui lui permet, semble-t-il penser, d’éviter la question de fond.  Les parents que nous sommes disent au gouvernement d’écouter la jeunesse qui lui parle et que l’on force à crier parce qu’on refuse de l’entendre.  Du même souffle, nous demandons aux policiers, et surtout à ceux qui leur donnent des ordres, de demeurer les protecteurs du public et non pas de devenir une menace pour les citoyens.

Un héritage à défendre…

Plusieurs discours tendent à nous réduire à des « contribuables » (croulant sous le « fardeau» fiscal, il va sans dire),  à des automobilistes « pris en otage » ou à des travailleurs honnêtes empêchés de vaquer à leurs nobles occupations. Il faut résister à cette désinformation.  En tant que parents, l’éducation nous concerne immédiatement parce que nous avons à cœur l’avenir de nos propres enfants.  À titre de citoyens, c’est l’éducation en tant que bien collectif qui nous importe.  Comme les générations précédentes l’ont fait pour nous, nous souhaitons léguer à tous les enfants et à tous les jeunes les moyens de rêver et de façonner la société de demain. Nous appuyons donc les étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité, car il s’agit d’une partie de l’héritage de nos enfants et de nos petits-enfants.  Nous ne laisserons pas ce gouvernement dilapider cet héritage.

Le réseau des Parents contre la hausse

 

WEB : http://www.parentscontrelahausse.org/

FACEBOOK : http://www.facebook.com/parentscontrelahausse

COURRIEL: parentscontrelahausse@gmail.com

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