Appel aux parents

Prenons position contre la hausse des droits de scolarité

Selon le site Bloquons la hausse, plus de 200 000 étudiants-es sont actuellement en grève (au 19 mars 2012). Déjà, plusieurs organisations (syndicales, professorales, communautaires) de même que des partis politiques et des personnalités publiques ont manifesté leur appui à la lutte des étudiants. Il est donc temps que nous aussi, en tant que parents, fassions entendre nos voix afin de dénoncer cette hausse des droits de scolarité!

L’accessibilité aux études supérieures constitue un enjeu de société qui concerne l’ensemble des citoyennes et des citoyens du Québec. C’est en effet toute la société qui profite des retombées positives que génère une population éduquée. En contrepartie, le fardeau de l’endettement personnel occasionné par le désir de poursuivre des études avancées est catastrophique. Depuis leur plus tendre enfance, nous soutenons le développement de nos enfants. Nous avons à cœur leur épanouissement et nous les appuyons activement dans leur parcours académique. La hausse des droits de scolarité menace l’accès aux études universitaires des enfants du Québec, et tout particulièrement de ceux provenant des familles modestes. De la même façon, elle condamne de nombreux étudiants à l’endettement et au risque de négliger les études pour le travail. Sommes-nous prêts à abandonner les étudiants de la classe moyenne et des milieux défavorisés?

Il n’y a aucune nécessité financière à cette hausse qui représente, en fait, une décision politique  favorisant les mieux nanti(e)s et les grandes entreprises que l’on subventionne allègrement, au détriment des classes moyennes et modestes. Les tenants de la hausse des droits de scolarité dépeignent les études universitaires comme un simple investissement personnel et arguent que le sous-financement des universités ainsi que la faiblesse des ressources de l’État font en sorte qu’il n’existe pas d’autres solutions. Or, les universités ne sont pas sous-financées: elles sont  »mal financées ». Il existe plusieurs façons, pour le gouvernement, de financer les universités sans augmenter les droits de scolarité ni piger dans les poches de la très vaste majorité des contribuables: lutte à l’évitement et à l’évasion fiscaux, augmentation des redevances sur les ressources naturelles, taxe sur les produits de luxe, quatrième palier fiscal similaire à celui qui existe au niveau fédéral, etc. Malheureusement, ces moyens ne sont pas envisagés par le gouvernement actuel.

Sans débat préalable digne de ce nom, on nous impose donc un choix de société: on se modèle au système nord-américain, qui repose sur le paiement de taxes et tarifs égaux pour tous, affectant ainsi évidemment les classes moins nanties.  De la sorte, l’accès à l’université se voit de plus en plus réservé aux enfants des familles plus riches. Pourquoi ne pas opter pour le modèle de la quasi gratuité scolaire (le modèle européen) qui favorise l’accès aux études supérieures indépendamment des moyens financiers de chacun?

C’est à la remise en cause d’une valeur sociale prioritaire qu’il faut s’opposer. L’accessibilité à l’éducation est un projet porté par les générations antérieures qui ont pris partie pour l’émancipation et la justice sociale. Soyons redevables de ces luttes et responsables de maintenir leurs fruits au bénéfice des générations futures. Nos institutions d’enseignement doivent préserver leur mission fondamentale liée à la transmission des savoirs et résister à la mutation commerciale qui anime la décision du gouvernement. Ce n’est donc pas seulement la question du financement des études qui interpelle les citoyens et les parents que nous sommes, c’est aussi la question de la finalité de l’éducation. Prônons un système qui permettra à nos enfants de faire leur choix de carrière selon leur réelles passions et ambitions et non en fonction d’un salaire qui leur permettra (ou non) de rembourser les milliers de dollars de dettes étudiantes avec lesquelles ils commenceront leur vie.

Il nous apparaît clair que la lutte contre la hausse des frais de scolarité est loin d’être une cause réservée aux étudiant·es actuel·les, il s’agit d’un véritable enjeu social, d’une cause qui concerne l’ENSEMBLE DES CITOYEN·NES. Faisons, en tant que parents, notre juste part : Exigeons que l’État finance l’éducation ainsi que les autres services publics en fonction des moyens des citoyens et des entreprises. Léguons à nos enfants et à nos petits-enfants un système d’éducation accessible, démocratique, de qualité, et qui contribue véritablement au développement des individus et de la société.

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