Action et lettre du 16 juin 2012 interpellant la ministre de la Famille, Yolande James

Source : Par Chantal Jourdan, Carol Gélinas, Ariane Brunet et Christiane Robidoux de Mères en colère et solidaires

Étaient présentes : Silvia Martinez, Manon Choinière, Zoé Gélinas-Benoît, Liane Simard, Marie Brion, Dominique Leduc, Khizlaine Chebani, Élisabeth Circé-Côté, Arnaud Simard-Chabot (13 ans), Laurence Lagouarde et Carol Gélinas.

Lors d’une activité au Patro Le Prévost où était présente la ministre de la Famille, Yolande James, quelques Mères en colère et solidaires ont voulu l’interpeller pour lui partager leur vision de la lutte étudiante et pour la questionner sur son rôle dans ce conflit.

Nous avons attendu qu’elle termine son discours officiel, ne voulant pas perturber l’activité qui avait lieu dehors. Nous l’avons ensuite interpellée, avons dû insister un peu pour que finalement, la ministre se retourne vers nous. Elle nous a dit qu’elle avait une autre allocution à faire à l’intérieur, mais nous promettait de revenir nous parler tout de suite après.

Nous l’avons attendue, à chacune des portes de l’établissement, au cas où… Son attachée politique est venue nous voir pour nous proposer de tenir une rencontre dans une salle à l’intérieur (sans caméra), ce que nous avons refusé, préférant être dehors parmi le monde et sous l’œil des médias présents.

Après un certain moment d’attente, l’attachée politique est venue nous dire qu’elle ne trouvait plus la ministre…. Entretemps, la voiture de service a changé trois fois d’emplacement, en attente de la ministre, chaque fois se plaçant devant des issues différentes.

Rebondissement! Un véhicule utilitaire s’est stationné en double sur Christophe-Colomb. Rapidement, la ministre est sortie, accompagnée de son attaché de presse et rejointe par un garde du corps qui était arrivé avec le nouveau véhicule. La ministre n’a pas daigné nous regarder ni nous parler. Nous avons seulement réussi à lui dire qu’elle n’avait pas de parole!

Voici le texte dont nous voulions lui faire la lecture. Ça inclut les questions pour lesquelles nous aurions apprécié des réponses. Ce sera partie remise. Nous lui demanderons un rendez-vous cette semaine. Si elle refuse de nous rencontrer, nous diffuserons notre lettre dans les médias. Dans un cas comme dans l’autre, nous vous invitons à ajouter votre nom à la liste de signataires de cette lettre. Vous pouvez le faire en communiquant avec nous via Facebook au groupe «Mères en colère et solidaires» ou par courriel, avant lundi 18 juin 17h00 meresencolere@hotmail.com

Merci de continuer à mettre de la pression sur le gouvernement et de le dénoncer.

 

 

Madame Yolande James, ministre de la Famille,

Nous, groupe de mères, sommes en colère et sommes aussi solidaires de la lutte de nos enfants; lutte qui aujourd’hui, est devenue populaire.

Nous sommes en colère de voir le mépris avec lequel le gouvernement traite nos enfants.

Mépris qui s’est traduit par un refus de s’asseoir avec eux, de les entendre, de respecter leurs droits démocratiques et finalement, refus de poursuivre une véritable recherche de solutions.

Nous sommes en colère de voir l’intimidation, la violence et la haine s’abattre sur nos enfants; intimidation exercée par la violence policière, violence qui s’accroît depuis l’adoption de la loi 78.

Nous sommes en colère que cette violence se retrouve dans nos institutions politiques, juridiques et institutionnelles. C’est une violence qui se traduit par une volée d’injonctions, des charges policières sur les campus et dans la rue, dans les discours politiques mensongers, dans l’utilisation de stratégies politiques mesquines et perfides. Stratégies d’un gouvernement qui choisit de ne pas régler un conflit politique au niveau du politique et qui préfère pelleter le conflit dans la cour du judiciaire et du policier.

Nous, groupe de mères, sommes solidaires, nous sommes solidaires de nos enfants, nous sommes solidaires de leurs luttes. C’est pourquoi nous étions, nous sommes et nous serons dans la rue, jour après jour, avec eux. Au-delà de la peur que peut nous inspirer la répression exercée, nous serons à leurs côtés jusqu’au bout. Parce que nous, mères en colère et solidaires, savons les impacts que ce conflit a sur leur vie, sur nos vies, sur la vie de tous ceux et celles qui les entourent et les aiment. Bien sûr qu’il y a les blessures physiques, les amendes, les emprisonnements qui nous marquerons à jamais. Mais il y a aussi les blessures psychologiques, blessures dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à évaluer. Mais nous savons qu’elles seront profondes. Chose certaine, les bris de confiance engendrés par les faits, paroles et gestes du gouvernement ne se guériront pas de si tôt.

Nous sommes solidaires des luttes passées, présentes et à venir pour que le monde dans lequel nous vivons soit plus juste et égalitaire. Nos enfants, dans leurs discours et leurs actions, nous proposent un monde meilleur. Tout comme notre génération et celles qui nous ont précédées ont tenté de le faire, chacune à leur manière. Comme mères, nous les encourageons à prendre la parole, à prendre position et à régler leurs conflits de manière pacifique. Nous les appuyons dans l’exercice de leur citoyenneté de manière active et engagée et à s’impliquer dans leur communauté. Aujourd’hui, on leur refuse de participer à la création d’un monde plus équitable, un monde où la marchandisation du bien commun ne serait plus érigée comme le but ultime à atteindre.

 

Madame la ministre,

Depuis le début du conflit étudiant, qui est maintenant devenu une lutte populaire, des centaines de milliers d’étudiantEs appuyées par leurs parents, jours après jours, soirs après soirs, exercent leurs droits fondamentaux d’exprimer leurs aspirations et de manifester leur désaccord avec la vision que nous propose votre gouvernement. Jamais nous n’avons entendu vos préoccupations quant à ce qu’exprimaient ces milliers de familles.

Où étiez-vous lorsque nos enfants se sont faits matraquer, gazer, poivrer, jours après jours, soirs après soirs, et nous aussi à leurs côtés? Pas un mot de votre part. Un seul geste : vous avez voté en faveur de la loi 78.

Depuis… toujours le silence.

Outre votre adhésion à la ligne de parti, comment peut-on interpréter la conception que vous avez de votre rôle de ministre de la Famille? Votre silence peut nous laisser soupçonner que votre définition de l’éducation, de la démocratie, de la famille et de la femme, correspondrait au modèle des années 50. Soit un modèle traditionnel, autoritaire, paternaliste et sexiste qui suppose une totale obéissance? Nous osons croire que les femmes du parti libéral ont d’autres modèles à nous proposer, modèles qui vous permettraient d’assumer vos rôles et responsabilités en prenant en compte l’ensemble de la population; puisque jusqu’à présent, avec le modèle privilégié par votre gouvernement, il n’y a absolument rien de réglé. Pire, avec l’entêtement du premier ministre et l’imposition de la force et de l’ordre, il y a un pourrissement de la situation.

Si le passé est garant de l’avenir, nous sommes en droit de nous inquiéter de ce qui arrivera cet automne.

Comment, en tant que ministre de la Famille, comptez-vous participer à dénouer l’impasse actuelle? Allez-vous maintenir le modèle autoritaire de la loi et de l’ordre, ou saurez-vous proposer un modèle plus moderne, plus inclusif, plus démocratique? Allez-vous faire enfermer tous ceux et celles qui portent le carré rouge ou bien entendrez-vous ce qu’il exprime, non pas la violence ni l’intimidation, mais bien une autre vision de la politique, de l’éducation et du bien commun?

Nous, Mères en colère et solidaires, serons encore et toujours aux côtés de nos enfants, pour les défendre, les soutenir et les accompagner dans leur lutte qui appelle à des changements profonds pour entrevoir un monde plus juste et égalitaire.

Vous, madame la ministre de la Famille, où serez-vous?

→ Pour lire et appuyer le document facebook des Mères en colère et solidaires

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