MOULIN À PAROLES EN MARGE DU SOMMET

Aujourd’hui le 25 février, en marge du Sommet sur l’éducation supérieure, du jargon tendancieux des technocrates du management et de la langue phatique des apôtres du consensus mou, nous commémorerons ensemble des décennies, voire des siècles de parole forte, belle, signifiante et subversive. À rebours de la novlangue de l’ « économie du savoir », nous nous ferons, le temps de quelques heures, passeurs et passeuses de mots dans notre langue la plus belle.

Tous et toutes muni.e.s d’un texte sur l’enseignement, l’éducation, l’université, le savoir ou autre sujet pertinent – manifeste, essai, pamphlet, poème, zine, rapport ou autre – nous viendrons tour à tour clamer, réciter ou tempêter au porte-voix de notre indignation.

Malgré le froid, malgré l’indifférence, malgré les flics, nous serons porté.e.s par la rumeur de ces mots qui nous habitent. Nous saurons combien cette parole fragile et précieuse, mère de toutes les libertés, reste la plus puissante des armes contre toutes les tyrannies.

Veuillez confirmer rapidement votre présence et indiquer sur la page de l’évènement le texte que vous nous ferez le plaisir de partager.

https://www.facebook.com/events/532505866770363/

Aujourd’hui (le 25 février) à partir de 11h30, face au 2020 rue William à Montréal (cherchez la bannière des Profs contre la hausse).

Une invitation des Profs contre la hausse, en collaboration avec les Mères en colère, les Têtes blanches carrés rouges et les Parents contre la hausse.

 

Partager :

Publié dans Sans catégorie | Commentaires fermés

Déclaration de la Base face au Sommet

Nous sommes du nombre de ceux et celles qui ont pris part, à notre façon, au débat public ouvert par le Printemps érable. Ce débat a eu lieu tant au sein d’organisations déjà existantes que de collectifs qui ont vu le jour à cette occasion.

 Encore aujourd’hui, nous avons la conviction qu’un tel débat a eu lieu parce que la grève générale illimitée des étudiantes et étudiants et tout le mouvement populaire qui l’a accompagnée ont ouvert et imposé un véritable espace politique de réflexion, de débat et d’action. Un vent d’espoir, de mobilisation et de création a balayé le Québec. De nombreuses expériences d’autonomie et de démocratie ont pu se développer, que ce soit dans les assemblées générales étudiantes, les collectifs d’action, les assemblées populaires et autonomes de quartier. Les intelligences citoyennes se sont exprimées et des liens de solidarité se sont tissés à travers le désir d’imaginer l’avenir plutôt que de gérer le présent. Cinquante ans après le rapport Parent, toute une frange de la société s’est réapproprié le projet qui vise à faire société à travers l’éducation.

 Comment traduire la vitalité de ces échanges et la créativité de l’action collective dans un Sommet rendu nécessaire pour répondre au mouvement, mais qui ne vise au fond qu’à l’enterrer et à le faire disparaître de nos mémoires? Comment se satisfaire d’un tel ersatz de débat public alors que l’enjeu est complexe et aurait nécessité une autre arène de discussion? Au printemps dernier, nous parlions d’une éducation accessible, publique et de qualité, nous interrogions son rôle et ses fondements. Aujourd’hui le gouvernement ne peut que reprendre le discours du gouvernement précédent et poursuivre sa politique de coupures budgétaires aveugles. Il nous abreuve d’un raisonnement comptable qui se réduit à chercher des moyens pour positionner le Québec dans l’économie du savoir.

Encore une fois, le Parti québécois sort la recette du Sommet pour clore le débat et faire taire la parole citoyenne. Plutôt qu’à un débat public, nous assistons à une entreprise pas très réussie de relations publiques. Comment transformer la générosité, l’audace, l’inventivité, le courage et l’envergure d’analyse du printemps érable en colonnes de chiffres et en une vision affairiste de la gouvernance universitaire? Aujourd’hui, comme l’année dernière, deux visions de l’éducation et de la société se confrontent, mais l’une occupe tout l’espace institutionnel et médiatique alors que l’autre est occultée.

Nous estimons important de poursuivre nos réflexions et nos mobilisations. Face aux visions marchandes et utilitaristes que soutient le gouvernement,  nous voulons réaffirmer la nécessité d’une vision humaniste et démocratique de l’éducation. Une brèche a été créée par le Printemps érable dans le credo néolibéral. Nous voulons la maintenir ouverte et même l’élargir. Aujourd’hui, nous devons retourner dans la rue pour défendre notre conception de l’éducation mais aussi pour signifier que maintenant, comme l’année dernière, nous aspirons à une autre façon d’organiser notre vie collective.

Les organisations signataires sont:

99%Média
A bâbord!
Action travail des femmes du Québec
Alliance féministe pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe
Alternatives
ARTUNG
Assemblée populaire et autonome de Montréal
Assemblée populaire et autonome de quartier – Hochelaga Maisonneuve
Assemblée populaire et autonome de quartier – Plateau
Assemblée populaire et autonome de quartier – Villeray
Association pour une solidarité syndicale étudiante
Centre des femmes d’ici et d’ailleurs
Comité logement Rive-Sud
Convergence des luttes anticapitalistes
Collectif d’auteures « Les femmes changent la lutte »
Collectif éducation sans frontières de Montréal
Collectif féministe Les Sorcières
Le Couac!
CUTV
Écosociété
Équipe de Relais-femmes
Fédération des femmes du Québec
FRAPRU
GAPPA
G.R.O.S. Groupe de recherche en objectivité sociale
Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme
Hybris, théâtre
Infirmières contre la hausse
La pointe libertaire
Le 22 on ferme!
L’R des Centres de femmes
Lux éditeur
Maille à part
Maison la Virevolte
Mères en colère et solidaires
M.O.U.S.T.A.C.H.E.S
Nouveaux cahiers du socialisme
Parents contre la hausse
P!nk Bloc, Montréal
Politics & care
Presse-toi à gauche
Profs contre la hausse
Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec
(Re)vivre dans la nuit
Les sardines, banc très compact
Têtes blanches, carré rouge

 

Partager :

Publié dans Évènements, Médias, Presse, Sans catégorie | Commentaires fermés

Face au Sommet, la Base reprend la rue

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pour diffusion immédiate

 

 Face au Sommet, la Base reprend la rue

Les gouvernements changent, les politiques beaucoup moins. Si le gouvernement Marois a organisé un Sommet sur l’éducation supérieure, il a emprunté à son prédécesseur le goût de la novlangue : l’année dernière une grève devenait un boycott des cours et cette année, une indexation devient un gel.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté, des casseroles ont retenti aux quatre coins du Québec, et on voudrait faire semblant qu’il ne s’est rien passé. On veut surtout nous imposer un « retour à la normale », à une démocratie qui, entre deux votes, réduit la majorité au silence.

La Base proteste contre le Sommet. À l’initiative des Profs contre la hausse, plusieurs groupes ont signé une Déclaration de la Base contre le Sommet, pour dire que le Sommet passe à côté des véritables enjeux soulevés par le Printemps érable. De plus, les Profs contre la hausse organiseront le 25 février, à proximité du Sommet, un micro ouvert sur l’éducation.

Afin d’en savoir plus sur ces initiatives, vous êtes convoqué à une conférence de presse qui aura lieu le dimanche 24 février 2013 à 10.30 heures, au local DR-200, de l’UQÀM (entrée par le 315 Ste-Catherine est).

 

Partager :

Publié dans Évènements | Commentaires fermés

Position des Têtes blanches carré rouge sur la question des frais de scolarité et de l’accès à l’enseignement supérieur

Vers le sommet sur l’éducation supérieure

Source : Presse-toi à gauche!, le 15 janvier 2013

 

« Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple » Georges Danton (1759-1794)

Qui sommes-nous ?

Nous sommes de divers horizons politiques, culturels et professionnels. Nous avons en commun l’âge et une certaine vision du monde et de la société québécoise à laquelle nous avons contribué de diverses façons dans les dernières décennies.

En militant au sein de syndicats, de groupes populaires ou communautaires, d’organismes de défense de droits, de coalitions, nous avons été partie prenante des luttes liées aux droits des femmes, des peuples autochtones, des personnes réfugiées et immigrantes, à l’environnement, à l’élimination de la pauvreté, contre la privatisation des services publics, contre la mondialisation néolibérale et à tant d’autres causes conjoncturelles. D’où notre refus net d’emboîter le pas au démantèlement et à la liquidation de cet héritage.

Dès le début, nous nous sommes senti-e-s interpellé-e-s par la lutte étudiante et nous avons appuyé jour après jour cette grève historique parce qu’elle constituait un rappel et un appel à faire du droit à l’éducation un des fondements de notre société.

Nous voulons apporter notre contribution au débat en cours en tant qu’aîné-e-s solidaires des étudiantes et des étudiants et en tant que citoyennes et citoyens préoccupés par le sort des générations à venir.

Notre position :

Nous affirmons, d’entrée de jeu, que l’éducation devrait être « gratuite » de la petite enfance à l’université, non seulement au Québec, mais dans toutes les sociétés du monde. C’est la position que nous entendons défendre au sein de la société québécoise, avant, pendant et après consultations et Sommet sur l’enseignement supérieur. Nous savons en effet que cette lutte sera longue, mais qu’il serait irresponsable de ne pas poursuivre dans cette voie hélas trop peu fréquentée que nous ont indiquée une large portion du mouvement étudiant.

Soulignons par ailleurs que la formulation de « gratuité » scolaire que nous utilisons ici ne nous satisfait pas. En effet, cette formulation laisse entendre que l’éducation serait un bien de consommation comme un autre, et « gratis », alors que justement nous contestons cette perspective marchande, consumériste et individualiste. Nous concevons l’éducation comme un droit à faire appliquer maintenant, comme service public auquel tous et toutes devraient avoir accès.

Le mot « gratuité » donne l’impression que personne ne paie rien et que les étudiant-e-s ne font pas « leur juste part »… Or, l’éducation gratuite suppose des ressources financières importantes, mais dont le coût est assumé, au nom d’une solidarité sociale consentie par le biais d’une fiscalité que nous voulons la plus juste et équitable. Ainsi, chaque citoyen et chaque citoyenne contribuent selon ses moyens. Nous préférons donc, dans la mesure du possible parler d’abolition de frais de scolarité ou alors d’accès libre, voire massif, à l’enseignement supérieur, même si l’association entre gratuité et éducation semble devenue inévitable.

Quelques éléments d’histoire :

Forcément, pour nous, il faut resituer la problématique dans une perspective historique. Plusieurs d’entre nous ont connu/vécu le temps où, au Québec, l’accès à l’enseignement supérieur par la voie des collèges « classiques » était le privilège d’une infime minorité. D’une part, les coûts étaient prohibitifs et représentaient pour la très grande majorité des familles des sacrifices que peu pouvaient se permettre. D’autre part, le système d’éducation sous l’autorité de l’Église était à son image : patriarcal et sexiste. Dans les meilleures années, le nombre de ces institutions réservées aux filles se comptait sur les doigts d’une main. D’autre part, visant clairement la reproduction du système social canadien-français, plusieurs d’entre nous se rappelleront que dans le cadre des « visites paroissiales » le curé informait ses ouailles des garçons qui, triés sur le volet par ses bons soins, auraient la chance de poursuivre des études dans un collège de sa communauté pour devenir… prêtre, ou alors avocat, notaire ou médecin ! Sur ce plan, leur dépendance financière à l’égard de l’Église ne laissait que peu de choix aux « élus ». Société distincte à cette époque, les francophones d’Amérique étaient donc nettement défavorisés sur le plan de l’accessibilité à l’enseignement supérieur et sur son orientation, avec les conséquences que l’on sait : un peuple de « porteurs d’eau et de scieurs de bois nés pour un p’tit pain » dominé par une élite cléricale et une petite bourgeoisie professionnelle.

Sur le plan de l’éducation, le Père Georges-Henri Lévesque contribuera à ébranler cet édifice quasiment bicentenaire en créant en 1938 la faculté des sciences sociales de l’Université Laval où s’enseigneront, entre autres, la sociologie, l’économie, les relations industrielles et le service social. Cette école allait produire plusieurs des penseurs du Québec moderne et des artisans de la Révolution tranquille : Jacques Parizeau, Maurice Tremblay, Albert Faucher, Jean-Charles Falardeau, et autres Guy Coulombe et Michel Bélanger par exemple… les femmes pionnières elles aussi de cette Révolution tranquille étant alors encore reléguées dans l’ombre.

Puis, dans la cadre de la Révolution tranquille, le célèbre Rapport Parent sur l’éducation allait mener à la création des écoles polyvalentes, des Cégeps et à la mise ne place du réseau de l’Université du Québec et de ses composantes régionales, permettant ainsi l’accessibilité à l’enseignement supérieur tant aux filles qu’aux garçons et ce sur une grande partie du territoire national. C’était là une des assises de l’essor phénoménal qu’a connu le Québec qui entrait enfin de plain-pied dans la modernité : progrès social, développement économique, essor au plan culturel… Rappelons que le Rapport Parent prévoyait la gratuité scolaire au niveau universitaire, mais considérant les coûts à court terme de la mise en place des Cégeps et du réseau de l’UQ, cet objectif était reporté dans le temps et d’ici l’atteinte de cet objectif, le gel des frais de scolarité devait tenir lieu de politique sur ce plan.

Comme plusieurs autres acquis de la Révolution tranquille, le projet d’un accès libre à l’enseignement supérieur fut remis en question. Dans la foulée des crises économiques à répétition, de la domination d’un capitalisme financier de plus en plus rapace, de la montée du néolibéralisme et du conservatisme et malgré les échecs et les conséquences catastrophiques aux plans social et humain des politiques d’austérité (qu’admettent désormais des économistes du FMI), la nouvelle élite québécoise composée de gestionnaires et de technocrates veut réorienter la société sur la base de politiques néolibérales : allègements fiscaux pour les entreprises et les nantis, dérèglementation, privatisation des entreprises et services publics, équilibre budgétaire, coupures et tarification des services publics… Bref, « à tribord toute » et fin de la société distincte sur ces plans ! C’est dans ce contexte historique qu’il faut situer les hausses successives des frais de scolarité de 1989 à 2012, passant de 520 $ à 2200 $, puis à 3793 $ avec la hausse qu’a tenté d’imposer le gouvernement du PLQ sous la direction de Jean Charest à l’hiver 2012. En fait, nous avons troqué une religion pour une autre, nous sommes passés d’une Église à l’autre : de la foi à l’évangile du marché.

Une sorte de nouveau Refus global :

C’était sans compter sur le courage et l’intelligence politiques du mouvement étudiant qui a entamé une grève historique et suscité une mobilisation populaire tout aussi historique, devenue le « Printemps érable ». Rapidement la lutte contre la hausse des frais de scolarité s’est effectivement transformée en une critique radicale de la gestion affairiste des universités, en une opposition à la marchandisation du savoir, bref, en une remise en question non seulement du système d’enseignement supérieur, mais aussi des politiques néolibérales et des inégalités et injustices économiques et sociales qu’elles engendrent. Nous avons vécu une sorte de nouveau Refus global (Borduas, 1948), lequel avait, en son temps, fortement contribué à ébranler les assises d’une société québécoise sclérosée.

Pour nous, il est clair que c’est dans une perspective historique et politique qu’il faut comprendre la lutte contre la hausse des frais de scolarité et pour la gratuité ou l’accès libre à l’enseignement supérieur. Trêve donc de réductions économicistes, où la comptabilité tient lieu d’analyse, où les moyens (équilibre budgétaire, rentabilité économique, croissance et augmentation incessante de la production) deviennent des fins en soi. Nous sommes donc au cœur d’une dynamique politique parce que le mouvement étudiant nous a conviés à des débats et à des choix de sociétés qui vont contribuer à déterminer l’avenir du Québec.

Les arguments que nous présentons dans la partie du texte qui suit ici ont été développés de façon beaucoup plus précise par de nombreuses personnes ou groupes de recherches qui l’ont fait sur la base de compétences que nous n’avons pas la prétention d’égaler. Sans vouloir répéter ces arguments dans le détail et pour aller à ce qui nous semble l’essentiel, considérant ce qui a été dit plus haut, voici quelques grands traits de notre « analyse ».

→ Lire la suite sur le site de Presse-toi à gauche!

 

Partager :

Publié dans Blogues et web, Réseaux sociaux | Commentaires fermés

Le boycott, pour se faire entendre haut et fort

L’ASSÉ boycottera le Sommet sur l’Enseignement Supérieur. Pourquoi?

Source : ASSÉ, le 14 février 2013

Ce Sommet a été présenté aux étudiants et étudiantes comme un grand exercice de réflexion ouverte qui répondrait aux grandes questions soulevées par le printemps étudiant. Un an après le début de la GGI, nous constatons que rien n’est plus faux. Le Sommet cherche à confirmer des choix déjà pris derrière portes closes. Au lieu de laisser place à un vrai débat sur la mission de l’université québécoise, il cherche à dégager des consensus qui suivent la droite ligne de la marchandisation de l’éducation.

Des délégués et déléguées de l’ASSÉ ont rencontré la Première Ministre et le ministre Duchesne à la suite de notre ultimatum. Le message: «cause toujours». On pourra parler de gratuité scolaire, mais impossible de remettre en question le cadre économique du gouvernement, qui impose une fin de non-recevoir à toute mesure progressiste. Une réduction des frais de scolarité ne sera même pas considérée sérieusement, au même titre qu’un retour de la taxe sur le capital des institutions financières pour la financer. Au contraire, le gouvernement renie l’importance sociale de la gratuité et prépare différentes formes d’indexation: une avenue à 3 voies vers une nouvelle hausse. Ainsi, nous considérons que les revendications émanant du congrès de Saint-Félicien ne sont pas respectées par le gouvernement.

 Pour Pauline Marois et Pierre Duchesne, le gel est une indexation. L’indexation est un compromis. Un compromis pour qui? Pour les grandes entreprises, qui continuerons de profiter de l’endettement étudiant, de la recherche à bon marché et d’un climat fiscal qui n’a jamais été aussi favorable? L’indexation des frais de scolarité vient enchâsser l’éducation postsecondaire comme un produit dont le prix augmente au même rythme que celui d’une pinte de lait. C’est la mort de l’éducation libre, et une tentative de tuer définitivement le rêve de la gratuité scolaire, de mettre de côté la vision du printemps érable. Le gouvernement n’a rien compris: la gratuité n’est pas un débat de chiffre. Oui, elle permettrait à jusqu’à 26 000 nouveaux étudiants et étudiantes d’accéder à l’université. Oui, elle coûterait 300 millions, ou 700 millions, ou 1,1 milliards. Mais la question va beaucoup plus loin: la gratuité scolaire est un projet politique, qui remet en question toute une conception du rôle de la collectivité au sein du financement des services publics.

 Ce sommet suit un modèle éprouvé. Rassembler le plus d’organisations possibles autour d’une même table, écraser les voix dissidentes sous le marteau du consensus, et mettre en place leur plan d’action: réformes néolibérales et coupures sans distinction, au nom du déficit zéro. En 1996, la société civile avait fait un pacte avec le diable et avait accepté de mettre en place des politiques d’austérité, après un sommet socioéconomique du Parti Québécois. La suite: 400 millions de coupures en éducation et une hypothèse de hausse des frais de scolarité. Cette année, la même farce semble se répéter. Le gouvernement péquiste trahit une fois de plus la prémisse progressiste de son élection. Même les apparences d’ouverture s’écroulent comme un château de carte, au même rythme que la crédibilité de ce Sommet improvisé.

 Nous ne légitimerons pas cette mascarade. Les étudiants et les étudiantes ne feront pas partie de ce consensus imposé. En 2010, l’ASSÉ avait boycotté la rencontre des partenaires en éducation, qui avait pour but de discuter des détails de la hausse des frais de scolarité. Aujourd’hui, nous sommes plus forts et fortes que jamais. Et nous ne serons pas dupes. Si nous voulons avoir notre voix au chapitre, il faudra faire ce qui a toujours fonctionné pour le mouvement étudiant: continuer à se mobiliser. Ce ne sont pas quelques délégués et déléguées qui vont faire une différence. C’est nous tous et toutes.

Parce qu’on a pas fait 6 mois de grève pour ça, faisons grève et manifestons le 26 février à 14h, au Square-Victoria. Au sommet du PQ, revendiquons une éducation libre, accessible et gratuite, et bloquons l’indexation des frais de scolarité!

→ Lire sur le site de l’Assé

 

Partager :

Publié dans Blogues et web, Médias | Commentaires fermés

Rendez-vous des Parents contre la hausse à la manifestation du 22 août

L’automne se pointe sous le signe de la rentrée, mais la lutte est loin d’être terminée!
Pour amorcer ce nouveau chapitre de la mobilisation, rendez-vous à la manifestation de demain, 22 août, à partir de 13h30, à l’intersection des rues Cathédrale et René-Lévesque -coin sud-ouest- (à noter: Metcalfe devient Cathédrale au sud de René-Lévesque).
Nous y rejoindrons nos alliés: les Mères en colère et solidaires, ainsi que les Têtes blanches carré rouge.

Venez en grand nombre!

Partager :

Publié dans Évènements | Commentaires fermés

Une rentrée sous le signe de l’inquiétude

Communiqué de la conférence de presse du 12 août 2012

Une rentrée sous le signe de l’inquiétude

Aujourd’hui, à la veille de la rentrée sous la contrainte de la Loi 12, nous, Mères en colère et solidaires, Parents contre la hausse, Profs contre la hausse et Têtes blanches carré rouge, voulons d’une part, apporter notre soutien aux étudiantes et aux étudiants et leur faire savoir notre confiance quant aux choix difficiles auxquels ils et elles sont confrontées. C’est un sentiment de fierté qui nous anime quand on pense au courage et à la détermination dont ils ont fait preuve. D’autre part, nous voulons manifester publiquement nos inquiétudes et notre appréhension quant aux choix des autorités politiques en regard de cette crise et plus particulièrement de la présente rentrée.

Nous ne souhaitons pas être des prophètes de malheur, mais à cause des expériences pénibles vécues le printemps dernier sous le signe de la répression politique et de la violence policière, nous avons de solides raisons de craindre pour l’intégrité physique et morale de nos enfants et petits-enfants.

L’été ne nous a pas fait oublier le mépris et le manque de respect du gouvernement et de son appareil législatif, administratif et policier face au fantastique rafraîchissement que la jeunesse étudiante a su insufflé au concept de la démocratie.

L’été ne nous a pas fait oublier qu’en réponse à leurs aspirations, à leurs revendications légitimes et à leur demande de négociations, ils n’ont reçu de la part des autorités que fin de non-recevoir, brutalité et violence.

Nous continuons à dénoncer le projet de loi 78, devenu la loi 12, comme l’ont fait de nombreuses personnes et organisations dont la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le Bâtonnier du Québec, un important groupe de juristes ayant même pris la rue, de nombreux enseignants d’ici et de partout dans le monde. Cette loi impose, rappelons-le, des amendes de 1000$ à 35000$ pour les personnes et de 25000$ à 125000$ pour les organisations. Cette loi est l’inacceptable abus de pouvoir d’un gouvernement qui n’a pas su faire convenablement son travail de négociateur lorsqu’il en était temps, et qui a choisi la force pour imposer ses politiques et tenter de casser l’élan de toute une jeunesse. Les conséquences de cette loi sont lourdes : atteintes à des droits et libertés fondamentales, établissement d’un climat de peur et criminalisation de l’expression démocratique, tant au sein de la population étudiante, que du côté des enseignants et enseignantes et des citoyens et citoyennes qui les appuient.

Le déclenchement d’élections générales pour le 4 septembre, et donc d’une campagne électorale au beau milieu d’une rentrée scolaire difficile ne peut que nous porter à croire que ce gouvernement aux abois l’a fait sciemment dans l’espoir de tirer profit du climat d’instabilité qu’il a lui-même contribué à instaurer.

En cette veille de rentrée, rien n’est réglé, la lutte se poursuit. Quelles formes prendra-t-elle? Nous voulons faire savoir à tous les étudiantes et les étudiants qui ont si formidablement engagé cette lutte que nous sommes fièrEs et impressionnéEs par leur intelligence, leur rigueur, leur créativité, leur courage et leurs pratiques profondément démocratiques. Leur énergie nous donne confiance en un avenir qui pourra rompre avec le cynisme de la population à l’égard du politique, avec des orientations économiques et sociales dogmatiques, remettant en question la logique du « travaille, consomme et ferme ta gueule » selon la formule lapidaire reprise à maintes fois lors des manifestations. Nous voulons dire aux étudiants et aux étudiantes : Peu importe les choix que vous ferez, les chemins qu’emprunteront vos actions, nous serons à vos côtés.

Mais dans l’immédiat, nous voulons aussi nous adresser aux éluEs, à ceux et celles qui occupent des postes de hautes responsabilités pour leur demander de faire preuve de discernement. Dans un État démocratique, la politique de la loi et de l’ordre, l’usage de la force, le recours à la violence et la brutalité devraient être proscrits. Les titulaires de l’autorité doivent faire preuve d’écoute, de respect, démontrer une volonté de négocier de bonne foi dans un contexte où chacun et chacune se sent en sécurité.

Au ministre de la Sécurité publique et responsable de la SQ, Robert Dutil, au maire de Montréal et responsable du SPVM, Gérald Tremblay, nous demandons d’envoyer un message clair aux différentes forces policières. Tout doit être fait pour mettre fin à la répression brutale, à la violence stérile, au matraquage et au gazage de nos enfants et petits enfants. Malgré les discours démagogiques et trompeurs repris par les médias de masse, le carré rouge que nous portons avec eux n’est pas synonyme d’intimidation et de violence (sic) ou de terrorisme (resic). Assurer le respect des droits fondamentaux est également de votre responsabilité. La répression et la violence qui s’exercent sur le mouvement étudiant ne sont pas dignes d’une société qui se prétend démocratique et civilisée. Vous avez le mandat d’assurer la paix sociale et non de semer la discorde et la violence

Madame Yolande James, ministre de la Famille et de l’Enfance : Nous vous avons déjà interpellé pour savoir ce que vous aviez l’intention de faire pour assurer le bien-être de l’ensemble des familles du Québec secouées par l’ampleur des évènements du printemps. Nous attendions de votre part des prises de position et des actions axées sur la conciliation. Qu’avez-vous fait depuis notre rencontre?

Et vous, directions générales des collèges et doyens des facultés, que ferez-vous pour respecter les décisions des assemblées étudiantes, vous cacherez-vous derrière la Loi 12 en faisant appel aux forces de l’ordre comme au printemps dernier? Nous vous demandons d’assurer l’intégrité physique et morale des étudiantEs qui tentent démocratiquement de participer à l’amélioration du milieu scolaire au Québec et par là à la construction d’un monde meilleur.

Nous désirons aussi nous adresser à l’ensemble de la population du Québec. Au cours des derniers mois, nous avons entendu le meilleur et le pire au sujet de la lutte étudiante. Beaucoup ont tenté de démoniser ce mouvement. Depuis longtemps, au Québec, n’avions-nous eu de débat dans l’espace publique aussi sensible et épidermique soulevant les passions. Au-delà des différences idéologiques, un des impacts majeurs de la lutte du mouvement étudiant aura été de nous secouer dans notre confort et notre indifférence. Leur engagement nous a démontré l’importance et la possibilité de l’implication de toutes et tous dans l’espace public pour revivifier l’exercice d’une démocratie qui ne se résume pas à aller voter aux quatre ans. La vie politique est un espace de paroles, de débats, de prises de positions et d’actions au quotidien sur l’ensemble des questions d’intérêts publics donc, on devrait toutes et tous se sentir concernéEs. Nous vous invitons donc tous, concitoyens et concitoyennes à appuyer et défendre le mouvement étudiant dans sa lutte pour le respect des droits collectifs et pour une plus grande démocratie. Nous vous invitons à être des témoins actifs.

Mères en colère et solidaires
Parents contre la hausse
Profs contre la hausse
Têtes blanches, carré rouge

Pour communication : meresencolere@hotmail.com

Partager :

Publié dans Évènements | Commentaires fermés

Conférence de presse 12 août 2012

Mères en colère et Solidaires
Parents contre la hausse
Profs contre la hausse
Têtes blanches carrés rouges

vous invitent à une conférence de presse qui se tiendra dimanche 12 août 2012 à 14h au parc Émilie-Gamelin à l’angle des rues De Maisonneuve et Berri

À quelques heures des premières rentrées scolaires forcées, nous désirons prendre publiquement la parole pour faire part de nos inquiétudes en tant que mères, parents, têtes blanches, profs, quant au contexte dans lequel se fera cette «rentrée» et interpeller certains acteurs politiques sur leurs responsabilités dans la suite des choses.

Nous vous y attendons en grand nombre !

événement facebook: https://www.facebook.com/events/424482577597964/

 

 

Partager :

Publié dans Évènements | Commentaires fermés

Marche funèbre

Organisé conjointement par Mères en colère et solidaires, Parents contre la hausse, Parents d’enfants blessés dans une manif, Profs contre la hausse, Profs féministes solidaires et en colère et Têtes blanches carré rouge, samedi 30 juin avait lieu une Marche Funèbre et silencieuse.

C’est donc via une initiative non-étudiante que s’est mis en place ce Manifeste en noir. Le silence était total durant cette manifestation au pas lent et tragique, afin de rendre hommage à la défunte démocratie, assassinée symboliquement par la loi 78 dont la requête en sursis a depuis été rejeté. Le noir et les crêpes, ainsi que toute autre tenue de deuil étaient de mise, et les pancartes, criantes de douleur, d’indignation et d’inventivité, s’arboraient fièrement le long de la marche.

Partie de la Place Jean-Paul Riopelle, la manifestation a parcouru une heure et demie durant le Vieux Montréal pour prendre fin au sud de la Place Jacques-Cartier pour un sit-in final, symbole d’une désobéissance civile et pacifique.

 

 

Partager :

Publié dans Évènements, Médias, Vidéos | Commentaires fermés

Manifeste en noir 30 juin

Source : Manifeste en noir

Organisé conjointement par Mères en colère et solidaires, Parents contre la hausse, Parents d’enfant blessé dans une manif, Profs contre la hausse, Profs féministes solidaires et en colère et Têtes blanches carré rouge

Rendez-vous, Place Jean-Paul Riopelle, métro Place d’armes, angle St-Pierre et St-Antoine, 13h30

MARCHE FUNÈBRE LENTE ET SILENCIEUSE
Ceci n’est pas une manifestation étudiante… mais une marche en appui aux étudiantEs. Une MARCHE LENTE ET SILENCIEUSE où nous vous proposons de porter le deuil. Le deuil de la démocratie avec l’adoption de la loi 78, du droit à l’éducation pour tous, de nos droits fondamentaux, du droit de manifester “en toute sécurité” et de tous ceux que vous souhaiterez souligner.

“Un repos de bruits ou seules les banderoles, les pancartes, portées par la brise venant de notre fleuve, feraient entendre leur claquement. Une marche lente et silencieuse composée de vieux et de vieilles, de jeunes, d’handicapéEs, de dépriméEs, de fragiles… Puis tout à coup, on s’assoit, sur une petite chaise, un cousin, une couverture, jambes croisées, bras croisés. On aura prévu un châle ou un foulard, n’importe quoi de noir à poser sur la tête. Ce sera alors le sit-in. La rue sera ainsi bloquée et le silence plus éloquent, plus dévastateur pour ceux qui l’entendent. Ce sera une barricade vivante et sans bruits. Le bouclier contre les chevaux du roi, le vrombissement des moteurs des Hell’s Angels policiers. Ce sera le signe muet de notre désapprobation. Une menace sourde et muette. Et le monde entier regardera comment le Québec traite ses enfants et ses âgéEs. Si on nous prend par les épaules et par les jambes pour nous conduire, menottées dans des autobus, on n’aura pas de peur. Ce silence criera au-delà de la peur.” Une grand-mère en colère et solidaire

Le noir sera de mise (foulard, châle, etc…) et les pancartes criantes et créatives (illustration de la répression policière, slogans évoquant notre colère, nos paroles, nos cris,…)

Nous invitons toutes les personnes qui comme nous ont l’impression de crier sans être entendues à se joindre à cette marche.

Rendez-vous, Place Jean-Paul Riopelle, métro Place d’armes, angle St-Pierre et St-Antoine, 13h30

Nous invitons aussi les étudiantEs à venir nous rejoindre à 15h00 sur la rue de La Commune au sud de la Place Jacques-Cartier pour le sit-in final, symbole de notre désobéissance.

→ Lien vers l’événement facebook

Partager :

Publié dans Évènements | Commentaires fermés

Carrés rouges, hausse des frais de scolarité et justice sociale

Voici la version longue d’un article préparé pour Le Chuchoteur (juin 2012, no 2), le journal de l’école primaire Saint-Albert-le-Grand (arrondissement Rosemont, Montréal). Ce n’est que la version courte (revue et réduite pour un lectorat d’élèves) qui fut publiée dans ce journal.

Par Christian Goyette

Vous m’avez peut-être vu passer au cours des derniers mois, portant un carré rouge – ce signe de solidarité avec l’actuelle grève étudiante. En effet, je me sens près de ces étudiants auxquels j’enseigne (au collégial) et qui revendiquent un meilleur accès aux études supérieures, et voilà pourquoi je suis impliqué dans le réseau Parents contre la hausse.  Nous sommes un groupe de parents de différents horizons qui croit qu’il est important pour les parents de prendre part à l’actuel débat citoyen sur la question de l’accès aux études supérieures, laquelle est directement liée à l’épanouissement de nos enfants, à celui des générations futures, tout en étant primordiale pour l’avenir de notre société. Je vous invite donc, dans ce petit texte, à prendre connaissance de quelques unes de mes réflexions à ce sujet.

La hausse : une mesure socialement injuste

Pour débuter, rappelons que le gouvernement libéral annonce en 2011 qu’il haussera les frais de scolarité à l’université de 1625$ sur 5 ans (donc 325$ par année) afin qu’ils s’approchent de la moyenne canadienne en atteignant près de 3800$ en 2017. C’est une hausse de 75% sur 5 ans! Or, ce gouvernement souhaite nous faire croire « qu’on n’a pas le choix », qu’il s’agit là d’une nécessité économique, alors qu’il s’agit bel et bien d’un choix politique. Pour nous en convaincre, il insiste « nous avons les frais de scolarité les plus bas en Amérique du Nord ». Mais, comme par hasard, il néglige de comparer avec d’autres pays, tels que les pays européens, où les frais de scolarité sont généralement très bas – ce qui est encore « pire » dans les pays qui ont mis en place la gratuité scolaire! Ainsi, les frais de scolarité au Québec sont déjà supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE (pays les plus développés).[1]

Par ailleurs, rappelons que, tant dans ses dépenses que dans ses revenus, ce gouvernement ne cesse de favoriser les entreprises (dont plusieurs reçoivent d’importantes subventions) et les mieux nantis et transfère lentement mais sûrement le fardeau fiscal sur le dos de la classe moyenne et des plus pauvres. Tout comme les conservateurs le font au niveau fédéral, les libéraux du Québec réduisent systématiquement les impôts sur les profits des entreprises ainsi que ceux des familles les plus riches.[2] Pour compenser cette réduction de revenus, il augmente alors toute une série de tarifs et de taxes à la consommation : TVQ, frais de scolarité, tarifs d’électricité, taxe santé (suspendue mais qui reviendra), taxes sur le pétrole, postes de péage, etc.

Cela peut sembler banal (on prend dans une poche plutôt que dans l’autre) mais c’est tout le contraire, car il s’agit là d’un changement majeur dans le financement de l’État. Pour faire court, disons qu’avec l’impôt progressif sur le revenu, les gens contribuent au financement de l’État en fonction de l’épaisseur de leur portefeuille : les plus pauvres n’en paient pas, la classe moyenne en paie une bonne proportion, et les plus riches en paient une proportion encore plus grande parce qu’ils ont plus de revenus. Avec cet argent, l’État rend toute une série de services (santé, éducation, programmes sociaux, rentes de vieillesse, construction et entretien des routes, etc.) qui sont utiles à tous ou sont destinés à soutenir les personnes plus vulnérables, celles qui ont besoin d’aide. Par exemple, cela permet aux personnes âgées d’avoir un petit revenu pour assurer leurs vieux jours de façon autonome, peu importe les difficultés qu’ils peuvent avoir vécu lors de leur vie active. Si leur santé est fragile et qu’elles utilisent davantage de soins de santé, elles n’ont pas à les payer à la pièce ni à demander à leurs familles et enfants de s’endetter pour leur assurer une fin de vie digne. De la même façon, les enfants de familles moins riches peuvent étudier et avoir accès à des études supérieures s’ils ont le désir et le potentiel pour le faire. Bref, il s’agit d’être solidaires les uns des autres en contribuant selon nos moyens à aider les plus vulnérables et démunis. C’est le projet de justice sociale dont nous avons hérités de la Révolution tranquille. Or, avec l’augmentation des taxes et de tarifs (de montant égal pour tous, affectant ainsi davantage les moins prospères), il s’agit de faire payer les citoyens en fonction des services qu’ils utilisent (le principe de l’utilisateur-payeur) et d’instaurer le principe du chacun-pour-soi de sorte que le plus fort qui s’en tire bien n’aura pas à se préoccuper des malheurs et difficultés de ses concitoyens. A terme, cela revient à liquider la justice et la solidarité sociale!

La hausse : une mesure à courte vue qui menace notre avenir collectif

Si la hausse des frais de scolarité menace l’accès aux études universitaires des enfants provenant des familles à revenus modestes, si elle condamne de nombreux étudiants à l’endettement et au risque de négliger les études pour le travail, est-ce que cela signifie que nous sommes prêts à abandonner les étudiants pauvres et ceux de la classe moyenne pour réduire les impôts des mieux nantis?

Il faut se méfier de la désinformation qui tend à nous faire croire que nous ne sommes que des « contribuables » (croulant sous le « fardeau» fiscal) ou des automobilistes et honnêtes travailleurs « pris en otage » par la grève étudiante. Il faut résister aux stéréotypes selon lesquels les étudiants ne sont que des enfants gâtés qui ne veulent pas payer leurs études et demandent la « gratuité scolaire ». Oui, la « gratuité scolaire » est revendiquée par certains groupes, mais il faut faire attention à ce terme qui peut être mal compris. En effet, si ces étudiants veulent avoir accès aux études supérieures en payant le moins possible lorsqu’ils sont étudiants, c’est qu’ils acceptent de contribuer plus tard en payant des impôts – car évidemment les diplômés universitaires obtiennent généralement des revenus supérieurs à ceux qui n’ont pas atteint ce niveau scolaire, et donc ils paient normalement une plus grande part d’impôt.

Ajoutons que, s’il importe de s’inquiéter de la gestion à courte vue de notre gouvernement, il importe aussi d’ajouter que celui qui s’instruit contribue à sa société, et ce, non seulement en travaillant et en payant son pesant d’or d’impôts et de taxes. Il devient dépositaire de connaissances, des idées et des savoir-faire acquis tout au long de l’histoire de l’humanité – et il participe à les faire avancer, à les renouveler.  Si nous voulons que nos jeunes citoyens soient capables de contribuer de façon positive à leur société, que ce soit dans le monde du travail ou encore dans celui des débats citoyens, on devrait reconnaître que l’éducation est primordiale dans notre société.

Aussi, d’autres questions se posent, si on regarde cela de façon « intergénérationnelle ». Comment se fait-il que les adultes éduqués de maintenant, qui ont eux-mêmes profité d’un bon accès aux études supérieures, veulent rendre l’accès aux études des futures générations encore plus difficiles? Veut-on vraiment que l’éducation devienne le privilège des plus riches et des générations plus âgées? N’avons-nous pas besoin de gens bien formés et capables de soutenir socialement et économiquement une population vieillissante, qui dépendra de plus en plus des plus jeunes…?

La position des Parents contre la hausse

En tant que parents, l’éducation nous concerne parce que nous avons à cœur l’avenir de nos propres enfants, mais aussi parce que nous souhaitons assumer pleinement notre responsabilité envers l’ensemble des enfants et des jeunes du Québec, ainsi que les générations futures. À titre de citoyens, c’est l’éducation en tant que bien collectif qui nous importe.  Comme les générations précédentes l’ont fait pour nous, nous souhaitons léguer à tous les enfants et à tous les jeunes les moyens de rêver et de façonner la société de demain. Nous appuyons donc les étudiants opposés à la hausse des frais de scolarité car, aujourd’hui, ils se battent aussi pour les étudiants de demain.

 

Christian Goyette

Membre du réseau des Parents contre la hausse

WEB : http://www.parentscontrelahausse.org/

FACEBOOK : http://www.facebook.com/parentscontrelahausse

COURRIEL: parentscontrelahausse@gmail.com

 

NB : L’essentiel des idées ici présentées correspond à celles exprimées dans le Manifeste des Parents contre la hausse, dont je suis l’un des rédacteurs : http://www.parentscontrelahausse.org/un-heritage-a-defendre-manifeste-des-parents-contre-la-hausse/

 

[1] Voir cette étude révélatrice d’Éric Martin de l’IRIS : http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/les-plus-bas-en-amerique-du-nord/

[2] « En 1963, au fédéral, les compagnies payaient 55% de tous les impôts sur le revenu et taxes de vente au Canada et les particuliers 45% comparativement à 18% en 2011 pour les entreprises et 82% pour les individus. Au Québec, c’était 38% pour les compagnies en 1963 et 62% pour les particuliers versus un rapport de 89% pour les individus en 2011 et de 11% pour les entreprises. » Voir le blogue de Léo-Paul Lauzon : http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/actualites/impots-et-taxes-payes-par-les-compagnies-et-par-les-individus-le-desequilibre/

 

→ Lire la version courte (publiée dans Le Chuchoteur)

 

 

Partager :

Publié dans Médias, Presse | Commentaires fermés

Qui a peur du carré rouge?

Saviez-vous que, en date d’aujourd’hui 20 juin, la Grande Bibliothèque et Renaud-Bray interdisent le port du carré rouge à leurs employés?

C’est ce que nous apprend le site Qui a peur du carré rouge? qui a vu le jour il y a quelques jours.

Il a pour objectif de défendre le droit à l’expression de la dissidence, et ce en construisant un répertoire des entreprises et employeurs qui respectent ce droit et de ceux qui qui ne le respectent pas, et surtout en nous invitant à faire pression sur ces derniers.

Pour mieux comprendre ce projet, lisez ce qui suit (provenant de la section À propos de ce site).

À propos

Pour le droit à l’expression de sa dissidence

Le carré rouge représente l’appui à une cause juste, celle de l’éducation accessible. Plus encore, le carré rouge est devenu un signe en défense de la justice sociale, de nos services publics, du bien commun, et plus encore, de la liberté d’expression et d’une véritable démocratie populaire.

Depuis plusieurs semaines maintenant, on tente d’associer le carré rouge à la violence et à l’intimidation. De manière typiquement orwellienne, on mène ainsi une campagne visant à intimider les porteurs du carré rouge. Dans un contexte où la loi spéciale porte sérieusement atteinte au droit de défendre une idée dans l’espace public, le carré rouge représente un moyen de faire valoir ses convictions sans causer préjudice à quiconque.

Il y a quelques décennies, alors que la reconnaissance des gais, lesbiennes et transgenres était presque absente dans l’espace public, ceux-ci menaient des campagnes répertoriant les commerces qui les acceptaient comme clients, et ceux qui les refusaient. Faisons de même. Il ne s’agit pas de forcer un commerce à appuyer le soulèvement populaire, mais de permettre à ses employés de le faire. Un patron qui croit qu’il peut imposer des convictions politiques ne mérite pas qu’on fasse affaire avec lui.

Ensemble, construisons un répertoire des grandes entreprises qui permettent le port du carré rouge, de celles qui l’interdisent, et de celles pour lesquelles nous n’avons pas encore de confirmation officielle. Donnons-nous les moyens de contacter les personnes responsables de cette décision, soumettons-leur nos arguments et faisons-les changer d’avis.

 

Partager :

Publié dans Blogues et web, Évènements, Médias | Commentaires fermés

Action et lettre du 16 juin 2012 interpellant la ministre de la Famille, Yolande James

Source : Par Chantal Jourdan, Carol Gélinas, Ariane Brunet et Christiane Robidoux de Mères en colère et solidaires

Étaient présentes : Silvia Martinez, Manon Choinière, Zoé Gélinas-Benoît, Liane Simard, Marie Brion, Dominique Leduc, Khizlaine Chebani, Élisabeth Circé-Côté, Arnaud Simard-Chabot (13 ans), Laurence Lagouarde et Carol Gélinas.

Lors d’une activité au Patro Le Prévost où était présente la ministre de la Famille, Yolande James, quelques Mères en colère et solidaires ont voulu l’interpeller pour lui partager leur vision de la lutte étudiante et pour la questionner sur son rôle dans ce conflit.

Nous avons attendu qu’elle termine son discours officiel, ne voulant pas perturber l’activité qui avait lieu dehors. Nous l’avons ensuite interpellée, avons dû insister un peu pour que finalement, la ministre se retourne vers nous. Elle nous a dit qu’elle avait une autre allocution à faire à l’intérieur, mais nous promettait de revenir nous parler tout de suite après.

Nous l’avons attendue, à chacune des portes de l’établissement, au cas où… Son attachée politique est venue nous voir pour nous proposer de tenir une rencontre dans une salle à l’intérieur (sans caméra), ce que nous avons refusé, préférant être dehors parmi le monde et sous l’œil des médias présents.

Après un certain moment d’attente, l’attachée politique est venue nous dire qu’elle ne trouvait plus la ministre…. Entretemps, la voiture de service a changé trois fois d’emplacement, en attente de la ministre, chaque fois se plaçant devant des issues différentes.

Rebondissement! Un véhicule utilitaire s’est stationné en double sur Christophe-Colomb. Rapidement, la ministre est sortie, accompagnée de son attaché de presse et rejointe par un garde du corps qui était arrivé avec le nouveau véhicule. La ministre n’a pas daigné nous regarder ni nous parler. Nous avons seulement réussi à lui dire qu’elle n’avait pas de parole!

Voici le texte dont nous voulions lui faire la lecture. Ça inclut les questions pour lesquelles nous aurions apprécié des réponses. Ce sera partie remise. Nous lui demanderons un rendez-vous cette semaine. Si elle refuse de nous rencontrer, nous diffuserons notre lettre dans les médias. Dans un cas comme dans l’autre, nous vous invitons à ajouter votre nom à la liste de signataires de cette lettre. Vous pouvez le faire en communiquant avec nous via Facebook au groupe «Mères en colère et solidaires» ou par courriel, avant lundi 18 juin 17h00 meresencolere@hotmail.com

Merci de continuer à mettre de la pression sur le gouvernement et de le dénoncer.

 

 

Madame Yolande James, ministre de la Famille,

Nous, groupe de mères, sommes en colère et sommes aussi solidaires de la lutte de nos enfants; lutte qui aujourd’hui, est devenue populaire.

Nous sommes en colère de voir le mépris avec lequel le gouvernement traite nos enfants.

Mépris qui s’est traduit par un refus de s’asseoir avec eux, de les entendre, de respecter leurs droits démocratiques et finalement, refus de poursuivre une véritable recherche de solutions.

Nous sommes en colère de voir l’intimidation, la violence et la haine s’abattre sur nos enfants; intimidation exercée par la violence policière, violence qui s’accroît depuis l’adoption de la loi 78.

Nous sommes en colère que cette violence se retrouve dans nos institutions politiques, juridiques et institutionnelles. C’est une violence qui se traduit par une volée d’injonctions, des charges policières sur les campus et dans la rue, dans les discours politiques mensongers, dans l’utilisation de stratégies politiques mesquines et perfides. Stratégies d’un gouvernement qui choisit de ne pas régler un conflit politique au niveau du politique et qui préfère pelleter le conflit dans la cour du judiciaire et du policier.

Nous, groupe de mères, sommes solidaires, nous sommes solidaires de nos enfants, nous sommes solidaires de leurs luttes. C’est pourquoi nous étions, nous sommes et nous serons dans la rue, jour après jour, avec eux. Au-delà de la peur que peut nous inspirer la répression exercée, nous serons à leurs côtés jusqu’au bout. Parce que nous, mères en colère et solidaires, savons les impacts que ce conflit a sur leur vie, sur nos vies, sur la vie de tous ceux et celles qui les entourent et les aiment. Bien sûr qu’il y a les blessures physiques, les amendes, les emprisonnements qui nous marquerons à jamais. Mais il y a aussi les blessures psychologiques, blessures dont les conséquences sont aujourd’hui difficiles à évaluer. Mais nous savons qu’elles seront profondes. Chose certaine, les bris de confiance engendrés par les faits, paroles et gestes du gouvernement ne se guériront pas de si tôt.

Nous sommes solidaires des luttes passées, présentes et à venir pour que le monde dans lequel nous vivons soit plus juste et égalitaire. Nos enfants, dans leurs discours et leurs actions, nous proposent un monde meilleur. Tout comme notre génération et celles qui nous ont précédées ont tenté de le faire, chacune à leur manière. Comme mères, nous les encourageons à prendre la parole, à prendre position et à régler leurs conflits de manière pacifique. Nous les appuyons dans l’exercice de leur citoyenneté de manière active et engagée et à s’impliquer dans leur communauté. Aujourd’hui, on leur refuse de participer à la création d’un monde plus équitable, un monde où la marchandisation du bien commun ne serait plus érigée comme le but ultime à atteindre.

 

Madame la ministre,

Depuis le début du conflit étudiant, qui est maintenant devenu une lutte populaire, des centaines de milliers d’étudiantEs appuyées par leurs parents, jours après jours, soirs après soirs, exercent leurs droits fondamentaux d’exprimer leurs aspirations et de manifester leur désaccord avec la vision que nous propose votre gouvernement. Jamais nous n’avons entendu vos préoccupations quant à ce qu’exprimaient ces milliers de familles.

Où étiez-vous lorsque nos enfants se sont faits matraquer, gazer, poivrer, jours après jours, soirs après soirs, et nous aussi à leurs côtés? Pas un mot de votre part. Un seul geste : vous avez voté en faveur de la loi 78.

Depuis… toujours le silence.

Outre votre adhésion à la ligne de parti, comment peut-on interpréter la conception que vous avez de votre rôle de ministre de la Famille? Votre silence peut nous laisser soupçonner que votre définition de l’éducation, de la démocratie, de la famille et de la femme, correspondrait au modèle des années 50. Soit un modèle traditionnel, autoritaire, paternaliste et sexiste qui suppose une totale obéissance? Nous osons croire que les femmes du parti libéral ont d’autres modèles à nous proposer, modèles qui vous permettraient d’assumer vos rôles et responsabilités en prenant en compte l’ensemble de la population; puisque jusqu’à présent, avec le modèle privilégié par votre gouvernement, il n’y a absolument rien de réglé. Pire, avec l’entêtement du premier ministre et l’imposition de la force et de l’ordre, il y a un pourrissement de la situation.

Si le passé est garant de l’avenir, nous sommes en droit de nous inquiéter de ce qui arrivera cet automne.

Comment, en tant que ministre de la Famille, comptez-vous participer à dénouer l’impasse actuelle? Allez-vous maintenir le modèle autoritaire de la loi et de l’ordre, ou saurez-vous proposer un modèle plus moderne, plus inclusif, plus démocratique? Allez-vous faire enfermer tous ceux et celles qui portent le carré rouge ou bien entendrez-vous ce qu’il exprime, non pas la violence ni l’intimidation, mais bien une autre vision de la politique, de l’éducation et du bien commun?

Nous, Mères en colère et solidaires, serons encore et toujours aux côtés de nos enfants, pour les défendre, les soutenir et les accompagner dans leur lutte qui appelle à des changements profonds pour entrevoir un monde plus juste et égalitaire.

Vous, madame la ministre de la Famille, où serez-vous?

→ Pour lire et appuyer le document facebook des Mères en colère et solidaires

Partager :

Publié dans Évènements, Médias, Réseaux sociaux | Commentaires fermés

Les services publics ne sont pas une occasion d’affaire rappelle la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics

Source : Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, le 13 juin 2012

Montréal, le 13 juin 2012 – Au troisième jour de la Conférence de Montréal, la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (Coalition) a de nouveau dénoncé, sur fond de casseroles, la révolution tarifaire mise en œuvre par le gouvernement Charest. Le nom anodin de ce forum cache un des plus importants rassemblements tenus annuellement en Amérique du Nord qui réunit d’influents membres de l’élite financière, du monde des affaires et de la scène politique. Comme le rappelle Véronique Laflamme, organisatrice au FRAPRU et porte-parole de la Coalition : « dans ce genre de forum, un très petit nombre de personnes, sans aucune légitimité, planifie depuis des années les politiques économiques régressives mises en œuvre dans de nombreux pays. Or, la mise en œuvre de ces politiques néolibérales s’accélère actuellement au Québec avec la révolution culturelle imposée par le gouvernement ».

Éducation : une logique marchande de plus en plus présente

Depuis plusieurs années, la Conférence est l’occasion de discuter de la mondialisation économique. La Coalition souligne qu’il n’est pas anodin que lors de l’ouverture de la Conférence, Jean Charest y ait vanté l’Accord économique et commercial global (AECG) avec l’Union européenne actuellement en négociation. « Les différents accords négociés autant dans les organisations économiques internationales que les accords bilatéraux comme l’AECG veulent ouvrir les services publics à la concurrence des marchés, y compris la santé et l’éducation » continue Mme Laflamme.

Bien que la mobilisation populaire qui se manifeste depuis 20 ans ait jusqu’à maintenant empêché l’inclusion des services publics dans ces accords économiques, la logique marchande est de plus en plus présente dans la gestion de ceux-ci, souligne Caroline Senneville, présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants (FNEEQ-CSN). Selon elle, les enseignantes et enseignants ont constaté le résultat des réformes que subit le monde de l’éducation depuis plusieurs années et la transformation de ses orientations. « Pour Charest, Courchesne, Bachand et compagnie, l’éducation n’est plus un droit, mais une marchandise. Il n’y a plus d’étudiantes et d’étudiants dans les universités, mais des clientes et clients cherchant à maximiser leur investissement. Ce qui est en jeu derrière la hausse de 82%  des droits de scolarité, c’est une conception de l’éducation à laquelle nous nous opposons » a-t-elle rappelé.

Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante a pour sa part souligné que l’argument de « politiques et de communications publiques » invoqué par le gouvernement Charest pour mettre fin abruptement aux dernières négociations avec les étudiantes et les étudiants illustre bien que l’entêtement du gouvernement est idéologique. Le principe d’« utilisateur-payeur » dans lequel s’inscrit la hausse des frais de scolarité est un des piliers des politiques néolibérales. « Si on accepte une hausse aussi importante des frais de scolarité, le gouvernement risque par la suite d’invoquer encore la prétendue juste part pour vouloir augmenter d’autres tarifs. C’est pour cette raison que toute la population doit se mobiliser massivement » a-t-elle lancé.

Des alternatives fiscales à la tarification des services publics

Il y a derrière la « contribution » santé, la même logique de l’utilisateur-payeur qu’on fait miroiter comme solution miracle au problème de financement a par ailleurs rappelé, Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition Solidarité Santé. Le ministre des Finances avait justifié la mise sur pied de cette taxe en arguant que les fonds ainsi récoltés seraient consacrés au financement des établissements de santé et au développement de nouveaux services. « Cette mesure introduit une dangereuse modification à la fiscalité en y introduisant une taxation spécifique pour le réseau de la santé » dénonce-t-il. En plus, en ayant recours à la tarification, on fait payer le même montant à tout le monde peu importe leur revenu. Encore une fois, les plus pauvres, dont une majorité de femmes et la classe moyenne se retrouvent à payer davantage s’inquiète la Coalition Solidarité Santé. La même chose prévaut pour l’augmentation de 20% à 30% des tarifs d’hydro-électricité annoncée à compter de 2014. « Des choix budgétaires qui remplacent l’impôt progressif par une taxe santé ou par des tarifications, ça ne sert pas à financer nos services publics, ça sert à les marchandiser » ajoute M. Benoit.

Selon la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, la privatisation et la sous-traitance ne nous feront pas économiser, elles bénéficieront plutôt aux grandes entreprises et à leurs actionnaires qui continueront de s’enrichir pendant que la majorité de la population s’appauvrit. « Les solutions mise de l’avant à la Conférence de Montréal et par le gouvernement du Québec ne sont pas les nôtres, souligne Véronique Laflamme. Elles détruisent nos services publics et elle s’attaquent à nos droits, elles nous appauvrissent individuellement et collectivement ». La Coalition met de l’avant plusieurs alternatives fiscales qui garantiraient l’accessibilité et la qualité des services publics, dont une réforme majeure de la fiscalité, obligeant les contribuables plus fortunés et les grandes entreprises à payer leur juste part d’impôt. « Nous aussi on veut que tout le monde fasse sa juste part, pas seulement les plus pauvres et la classe moyenne », conclue-t-elle.

Un contexte répressif qui inquiète

La Coalition a profité de l’occasion pour exprimer les graves inquiétudes que suscite le contexte répressif ambiant. « L’ampleur de la crise sociale qui a vu le jour avec la grève étudiante est le signe que de larges couches de la population emboîtent le pas de la protestation sociale, rejetant les orientations sociales et économiques défendues par le gouvernement Charest » a rappelé Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés. « Et pour y répondre, ce gouvernement a fait le mauvais choix : celui de la loi et de l’ordre. La Loi 78 renforce les pouvoirs arbitraires, déjà démesurés, des forces policières pour empêcher la tenue de manifestations. Mais, en voulant mettre le couvercle sur la marmite, le gouvernement n’a fait que soulever l’indignation et galvaniser les forces de résistance. La population n’a pas l’intention de renoncer à ses libertés civiles pas plus qu’elle n’a l’intention de se laisser imposer des politiques contraires au bien commun », conclut M. Peschard.

 

La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics regroupe quelques 140 organisations communautaires, étudiantes, féministes et syndicales ayant des assises dans toutes les régions du Québec. Elle a été fondée à l’automne 2009. Pour plus d’information, visitez le site web au http://www.nonauxhausses.org/

Renseignements :
Véronique Laflamme: 418-956-3403 (cellulaire)

→ Lire sur le site web http://www.nonauxhausses.org/

Partager :

Publié dans Blogues et web, Évènements, Médias | Commentaires fermés

Message adressé à M. Gaétan Cousineau, président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Québec.

Monsieur le Président,

Le climat social au Québec est explosif. Cela fait 116 jours que les étudiants sont en grève. Cela fait 116 jours que de toute part on demande au gouvernement Charest de négocier. Cela fait 116 jours que le gouvernement s’obstine à laisser pourrir une situation qu’il a entièrement créée. Cela fait autant de jours qu’il se moque des citoyens, que ces derniers soient étudiants ou non.

Graduellement, sournoisement, le gouvernement attaque; il ne négocie pas. Comment attaque-t-il? Il y eut les interventions judiciaires imposant les injonctions de retour en classe; la brutalité policière sur les campus de plusieurs lieux d’enseignement; les campagnes de désinformation de la plupart des médias; et il y a aussi l’ignoble Loi 78 qui érige une poignée de politiciens conservateurs en oligarchie et qui donne plein pouvoir à sa police politique.

Comme si tout cela n’était pas assez, le gouvernement Charest surenchère pour bafouer les droits des citoyens. Au cours de la fin de semaine du Grand Prix à Montréal, ce gouvernement nous a montré, encore une fois, sa vraie nature et nous avons vu sa police et ses abus de pouvoir à l’œuvre. Quelques exemples?

–un climat de peur entretenu par le gouvernement dans les médias et par les déclarations de ses ministres
–les actions et mouvements sociaux (manifestations, rassemblements, etc.) criminalisés
–le profilage politique visant clairement ceux qui s’opposent à la hausse des frais de scolarité et ceux qui contestent le système
–des fouilles et des interpellations illégales
–la détention illégale de manifestants pendant des heures
–les arrestations dites préventives
–les arrestations de masse pendant les manifestations
–la brutalité policière d’une barbarie sans pareil
–le harcèlement physique et langagier qui vise les manifestants.

Pour toutes ces raisons, je fais appel à vous pour déclencher le plus rapidement possible une ENQUÊTE PUBLIQUE INDÉPENDANTE sur les agissements policiers non seulement au cours de cette fin de semaine, mais tout au long de ce conflit. Je suis la mère d’un étudiant en grève et je me demande s’il va falloir qu’un de nos enfants soit tué par les meutes policières avant que nous réagissions?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes meilleures salutations.

Line Maurel
Montréal

========
Aux PARENTS CONTRE LA HAUSSE :
Ce matin, la CLASSE a indiqué qu’elle allait demander qu’une enquête indépendante soit tenue par la Commission. Si vous désirez écrire au président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Québec, M. Gaétan Cousineau, pour demander la tenue d’une enquête, et appuyer ainsi la requête de la CLASSE, voici l’adresse courriel :

presidence@cdpdj.qc.ca

Partager :

Publié dans Sans catégorie | Commentaires fermés